Lady des Poussières

Lady des poussières vous parle de trucs et de machins plaisants.

18 décembre 2009

Merci M'sieur Henry

Hier soir Pierre Henry donnait un concert gratuit (je me suis laissée dire qu’il n’en donnait plus de payant) au TAP. Ce monsieur génial nous a gratifié d’une Toccata de son cru et de son morceau Une Tour de Babel. Je n’étais pas très rompue à la musique concrète mais c’est sur j’ai bien fait de venir ! C’était incroyable, je ne pouvais pas m’imaginer à quel point cette musique, une fois qu’on est rentré dedans (et il ne faut pas vraiment longtemps) pouvait être puissante et figurative. C’est fou comme ça peut faire travailler du chapeau ! Assez inattendu aussi pour moi de voir combien les réactions du publique pouvaient être à l’unisson. Nous ouvrions et fermons les yeux je crois à peu près tous en même temps. Décidément merci monsieur !

Un portrait du monsieur ici.

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08 décembre 2009

Mme Riccoboni ne s'en laissait pas compter

Une lecture, encore une : Histoire de M. le marquis de Cressy de Mme Riccoboni. Si vous ne le connaissez pas lisez le ça, vaut le détour. Ce court roman lui a attiré les foudres de Mme de Genlis, car Mme Riccoboni fait se suicider un des personnages. A l’époque cela irrite encore, les valeurs catholiques plutôt prégnantes le souffrent assez mal. Cela dit c’est encore une preuve des volontés contestataires de Mme de Riccoboni, car non seulement c’est un suicide mais en plus c’est celui d’une femme. Et il faut bien dire qu’à ce moment là on n’avait pas bien l’habitude de voir les femmes décider de quoi que ce soit et certainement pas de leur droit à vivre ou mourir. Tout au plus pouvaient- elles insister pour entrer dans les ordres. Mais ce qui est curieux autant que réjouissant c’est que malgré cette incartade notoire, son roman a été apprécié et très lu. Jean François de la Harpe a même écrit que c’était le texte qu’il préférait de Mme Riccoboni. On sait également que ses romans figuraient en troisième place dans les bibliothèques privées du XVIIIème siècle. La légende colportée par Sainte-Beuve veut aussi, et cela ne manque pas de sel, que Marie Antoinette aie fait relier les œuvres de Mme Riccoboni sous forme de livres de prières pour pouvoir les lire à la messe. Quelle paroissienne !

26 novembre 2009

Quand un internaute s'égare

Un internaute est arrivé sur ce blog en tapant dans google « sexe et réjouissances ». Désolé mais ceci est une annonce officielle, au grand damne d’un certain et peut-être aussi du visiteur impromptu la rubrique « la baronne est une cochonne » n’est toujours pas prévue. Cependant comme je suis bonne fille je vous épargnerais le récit de ce qui est arrivé à la comtesse de Tende dans Histoire de la Comtesse de Tende de madame de Lafayette, lorsqu’elle s’y est livrée au sexe et aux réjouissances.

20 novembre 2009

Tripalium : épisode 3 ou, Coudoux-Coudoux deux minutes d'arrêt

Je décroche, appel banal de prime abord. La cliente me demande un abonnement avec trajet préférentiel (je travaille pour une société concessionnaire d’autoroute).

-Oui très bien quel trajet faites vous ?

-Je fais Coudoux-Coudoux . 

-Comment ça Coudoux- Coudoux ? Vous entrez sur l’autoroute à Coudoux très bien, mais ou sortez vous ?

-Non non vous ne me comprenez pas je rentre et sort à Coudoux !

De plus en plus dubitative, je laisse se glisser un blanc, puis me résout à lui dire :

-Mais enfin vous ne faites pas demi-tour sur l’autoroute. 

Et elle de me répondre :

-bien sur que si, comme ça je ne rencontre pas de péage.

J’avoue à ce moment je prends peur ; « et vous faites ça souvent ? », « au moins deux fois par jour, par contre vous pourriez faire un peu attention elle est drôlement dangereuse votre autoroute ! ». Sans blagues ! Je lui suggère qu’à ce compte là elle ferait mieux de prendre la nationale :

-Ca va pas non je prends l’autoroute sans payer, je ne vais quand même pas prendre la nationale, ce serait trop bête ! Bon, il existe, cet abonnement Coudoux-Coudoux ?

Non. Elle raccroche. Quelquefois, on ne comprend pas bien…

 

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14 novembre 2009

La Douleur

Je viens d’assister à la mise en scène du texte de Marguerite Duras par Patrice Chéreau et Thierry Thieu Niang. Pendant la pièce, on l’écoute on la regarde attendre. A aucun moment nous n’attendons avec elle. Au mieux, on suppose comprendre ce que cette attente a de terrible et que le retour l’est tout autant à sa manière. Il va falloir un peu de temps pour digérer, mais combien en a-t-il fallu à Dominique Blanc pour digérer un tel texte et nous le rendre de façon aussi magistrale ? Alors d’accord on ne fait pas sa chochotte.   

13 novembre 2009

Mme de Genlis femme auteur

Mme de Genlis fut prolixe, elle était reconnue comme pédagogue, musicienne et femme auteur. Elle-même ne renâclait pas sur cette appellation, à l’inverse de la plupart de ces contemporaines. Et voila que me tombe entre les mains une de ses nouvelles « La femme auteur » justement. Je l’avoue je m’attendais d’avantage à un essai qui je l’imaginais viendrait compléter De l’influence des femmes sur la littérature française comme protectrice des lettres et comme auteurs. Cependant quelle ne fut pas ma surprise ; il s’agit bel et bien d’une nouvelle « sentimentale ». Elle y raconte la vie de deux sœurs, Dorothée et Natalie. Dorothée, très raisonnable et parfaite épouse mère et sœur, l’autre prise de passion pour l’écriture. C’est curieux ce petit ouvrage, on les suit ces deux sœurs et on ne peut s’empêcher de préférer Natalie. Parfois à travers sa voix il nous semble entendre directement Mme de Genlis, tant des évènements de la fiction rappellent des épisodes de sa vie. Cependant, le couperet tombe, Natalie devient femme auteur. Elle ne sera jamais aussi heureuse que sa sœur qui a su rester à sa place de femme et ne surtout jamais rien publier. La nouvelle s’achève, Natalie est seule et la Révolution l’a ruinée.

Evidemment Sainte Beuve a causer de cette comtesse, c’est ici.

09 novembre 2009

Arôme de verre

Arome_de_verrePhoto prise cet été depuis les vitraux de la basilique du saint sang à Bruges.

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08 novembre 2009

Marie d'Agoult

Jolie découverte ces derniers jours : les Premières années de Marie d’Agoult. Elle raconte une enfance et une adolescence choyée. On la lit avec plaisir expliquer sa formation intellectuelle mi-allemande mi-française, les dictées de papa prise chez Voltaire ou Molière, celle de Maman chez Goethe. On la voit passer d’une indifférence paisible pour les cultes et les dogmes à ce qu’elle appelle « sa dévotion » lorsqu’elle fut convertie au catholicisme, car sa famille paternelle craignait que protestante, elle ne puisse trouver de mari. Cependant sa dévotion est bien loin d’être aveugle, elle raconte aussi avoir été gênée au couvent du sacré cœur par le manque d’hygiène et le désintéressement parfait envers toutes les choses du corps. On y assiste à la construction d’une femme qui par la suite prit une incroyable liberté, par rapport aux convenances. Elle ne renie en rien sa position de mondaine spirituelle. Cependant cela ne l’empêche pas de quitter son mari, pour aller vivre avec son amant Franz Liszt dont elle était enceinte. Encore un sacré personnage dont on ne connait au mieux que trop peu de choses. Arte pourrait bien nous faire un p’tit reportage quand même !

05 novembre 2009

Tripalium : épisode 2

Hier, jour de la visite médicale pratiquée par la médecine du travail. J’arrive, l’infirmière commence par m’expliquer, un peu contrite, pourquoi c’est elle qui me reçoit et non le médecin. Défaut de personnel, beaucoup arrivent à la retraite et ne sont pas remplacés. Et pourquoi ça ? Vous comprenez il n’y a pas assez de jeunes médecins formés. Ce que je comprends et qu’elle me laisse entendre à demi mot, c’est surtout que la médecine du travail, c’est nettement moins rentable qu’un cabinet. Elle en a l’air toute désolée, me dit que quand même, à n’importe quel moment, si ça ne va pas, je peux demander à voir le médecin. Moi j’avoue que j’étais plutôt contente de la voir, d’autant que le médecin est un brin reluqueur : « Oui oui mademoiselle, mettez vous en sous-vêtement, penchez vous bien s’il vous plait que je vérifie votre colonne vertébrale » (mes collègues hommes n’ont bien sur pas le privilège de se voir vérifier leurs colonnes). S’ensuit une série de questions, vaccination à jour, etc. tout cela sur un ton très professionnel cela va sans dire. Puis je la sens embarrassée l’infirmière, et oui vient le moment de vérifier si je ne vais pas me suicider pour cause de travail. Vraiment vous êtes certaine tout va bien ? Et oui elle est pas folle la p’tite dame, d’autant qu’elle en voit défiler par palettes des qu’en peuvent plus, des qui se font arrêter pour dépression, des qui démissionnent, d’autres qui tentent des mi-temps thérapeutiques. Alors elle insiste. Vos horaires ça va ? Ils ne vous changent pas trop souvent de service ? Vous dormez bien ? Le travail n’envahit pas votre vie personnelle ? Avec vos collègues ça se passe bien ? Vos supérieurs ne sont pas trop désagréables ? Non je vous assure tout cela est supportable d’autant que je n’y suis qu’à mi-temps, je suis étudiante. « Ah oui dans ces conditions ça va », elle tamponne, le verdict tombe « vous êtes apte mademoiselle » et bonne journée !

Posté par saissyle à 19:13 - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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03 novembre 2009

Tripalium : épisode 1

 Aujourd’hui : j’ai répété 58 fois « service client bonjour », j’ai cliqué  19 fois sur « demande de modification d’adresse, 212 fois sur valider, j’ai envoyé 9 courrier tous signés « votre conseillère clientèle », j’ai envoyé 12 duplicata de factures. Je prononce mon quarante troisième « service client bonjour ». Mon interlocuteur, mon client s’empêtre bafouille, je ris. J’assiste alors à l’étonnement vite teinté d’euphorie du dit client : Vous êtes une vraie personne alors ?!!! J’acquiesce, il s’empresse de me demander si mon nom est un nom de scène « car il fait très français tout de même », j’acquiesce encore. Non je ne suis pas une bande magnétique, il n’en revient pas. Ravi il me souhaite une excellente journée me disant du même coup que la sienne en est changée, il raccroche. A mon tour alors de réaliser que pour la première fois, pour mon quarante troisième appel du 03/11/2009, je n’ai donné aucun renseignement, reçu aucune hargne, cliqué sur rien.

Posté par saissyle à 22:23 - Tripalium - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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