Les vases communicants c'est chaque mois le plaisir de lire (et une fois n'est pas coutume en ce qui me concerne) de participer à des échanges de textes entre blogueurs.

Merci à Angèle Casanova et à Brigitte Célérier qui chapeautent les échanges.

En ce beau mois de décembre c'est auprès du sapin que j'ai la joie de réactiver un blog en friche pour accueillir le texte de l'éminent François Bonneau que voici:

Dans les conférences.

Dans les conférences, sur les estrades et sous les tables hautes, les bouteilles à trois gorgées sont soigneusement à disposition, à portée de manche. Sifflement, un-deux un-deux dans le micro, remerciements chaleureux à vous tous, oui vous venus si nombreux. Cédez le passage, passage de plat, passage de parole, passage du goitre peut-être, eh bien merci vous-même, c’est celui qui le dit qui y est.

Dans les conférences, les mouches se posent et boivent les paroles, pas de vinaigre ici, elles ne se sentent pas attrapées, elles pèsent le-pour-le-contre, préparent des questions pour la troisième mi-temps qu’elles n’oseront pas poser, battent des ailes quand c’est à propos, se frottent les pattes d’érudition.

Alors, dans les conférences, on y module sévère une voix cachemire qui sentirait la Gitane, une voix beaujolais couverte de cerises, sur un ton qui rissole et qui lisse, au mieux, les plis de la nappe. On aimerait que les convives prennent leurs notes à la fourchette.

 

Et puis enfin, dans les conférences, vient le temps du ping-pong, de la balle érudite qui va qui vient de l’estrade à la salle et qui grossit progressivement et que personne ne voudrait voir lui exploser au visage, il s’agit de slicer, coup droit revers jeu set et match, on aimerait au moins en voir un tomber sur les genoux les yeux au ciel le signe de croix la bise à la mère lointaine et les mains qui voudraient caresser les néons. Mais les feuilles se tassent dans un sourire poli.

François Bonneau

 

Mon texte est visible ici : http://irregulier.blogspot.fr/